Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

PrÉSentation

  • : Polit-Buro.
  • : Photos et commentaires des réunions du P.B. Lutte contre le complot des tristes et la morosité ambiante. Objectif: soutien de la viticulture française et des spiritueux.
  • Contact

Texte Libre

Recherche

11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 09:05

Du nord au sud de l'Italie, les entrepreneurs italiens s'intéressent au vin avec une volonté farouche d'être dans l'excellence. 
De son bureau, Mario Moretti Polegatto, le président de Geox (la chaussure qui respire) n'a pas une vue exceptionnelle sur ses vignobles mais sur une station service. Pas d'ostentation, ni de luxe démesuré. Il fait pourtant partie des dix riches fortunes d'Italie (il serait au 6e rang). À trente minutes à peine en voiture de Venise, cet homme d'affaires aurait pu installer ses bureaux dans un des nombreux doges de la lagune, voire même dans la propriété familiale, la magnifique Villa Sandi, édifice d'école palladienne remontant au XVIIe siècle. Au pied des collines de Trevise, la demeure se dresse dans un cadre verdoyant entourée de vignes. On y accède par un long jardin à l'italienne parfaitement ordonné et géométrique. Dans le sous-sol, les caves forment un long labyrinthe d'un kilomètre et demi où les vins (principalement un pétillant de Valdobbiadene, le Prosecco) vieillissent à une température optimale et toujours constante.

Chez les Poleggatto (son frère Giancarlo est en charge de la propriété), on ne laisse rien au hasard. En un peu plus d'une décennie, Geox est devenue une réussite mondiale. Quant aux vins de la famille, ils s'exportent, depuis longtemps, dans plus de cinquante pays. Pour autant, phénomène rarissime dans le monde viticole, Mario Moretti Polegatto, oenologue d'origine, a quitté l'exploitation familiale pour créer sa propre affaire. En Italie, en France ou ailleurs, on est plus habitué au chemin inverse. Les grands industriels commencent par accumuler de la richesse puis par passion, se tournent vers la vigne.

Le vin, " danseuse " des grands patrons
Les plus connus dans cette classe privée sont sans conteste les Antinori. Illustre famille florentine, ces grands marchands aux activités multiples ont acquis leur fortune dans la banque, dans la soie puis, dans le commerce du vin. Grâce au travail de Piero Antinori et de son cousin Incisa della Rochetta, Antinori s'est hissé parmi les producteurs de vins italiens les plus réputé, voire LE plus réputé. Tous deux ont élaboré au milieu des années 80, Sassicaia, un vin de Toscane à la robe pourpre et profonde. Ce " supertoscan ", comme le surnomment les spécialistes, s'est immédiatement imposé dans le cercle très fermé des flacons d'exception.

Ce succès a ouvert la voie aux appétits et aux ambitions de nombreux vignerons et industriels. Eux aussi ont cherché à produire des nectars de renommée mondiale. Pour cette élite, élaborer une cuvée est une évasion, une création. Elle investit toute son énergie, son savoir-faire et une partie de sa fortune pour atteindre l'excellence.

Cet esprit anime la famille Fratini - des spécialistes du textile - associée avec les Antinori dans la création du domaine Argentiera (sur la côte de la Haute Maremma, à 200 km à l'ouest de Florence) dont le cellier émerge à 200 mètres d'altitude. Depuis les chais à deux kilomètres de la mer, on aperçoit les îles de l'archipel toscan : Elba, Capraia et Gorgona. Splendide ! Un exemple parmi tant d'autres. Dans les années 90, la famille Benanti, riches patrons du secteur pharmaceutique avec SIFI, a, quant à elle, misé sur le terroir chaud et volcanique de l'Etna. Elle y élabore des vins issus exclusivement de cépages traditionnels (nerello, mascalese, nerello capuccio, carricante, minnella bianca...). Les rouges ont de la matière avec une trame tannique marquée mais le temps les bonifie. Il fallait un certain courage et un vrai esprit d'entrepreneur pour oser investir sur ce terroir difficile.

On retrouve cette même volonté farouche de l'excellence chez les Tipa-Bertarelli. On est tout de suite frappé par l'esthétisme des installations viticoles ultra-modernes du domaine de ColleMassari, au sud de Montalcino. Avec sa soeur Maria-Iris Bertarelli (femme et mère des patrons du groupe biotechnologique Serono vendu en 2006), Claudio Tipa - qui lui travaillait dans le domaine de la surveillance - a changé de vie à l'aube de ses cinquante ans pour vivre de sa passion. Au pied du Mont Amiata, à 320 mètres d'altitude, orientés vers la côte tyrolienne, les soixante-quatorze hectares viticoles travaillés en culture biologique produisent au final des vins très intéressants.

Francesco Illy, grand patron du café éponyme au fameux logo rouge, se révèle être, lui ausi, un de ces passionnés. Dans les vallons de la Toscane, il dirige le domaine Mastrojanni. Soixante-six hectares de bois et vingt-quatre plantés de vignes. De ses chais sortent, chaque année, 80 000 bouteilles dont 7 000 du réputé brunello Vigna Schiena d'Asino à la couleur rubis et aux arômes de cerises et de groseilles tant apprécié des amateurs du monde entier. Très en forme, le vin italien s'invite désormais sur les tables de tous les continents. Si le nord et le sud s'opposent parfois, l'unité viticole joue lorsqu'il s'agit d'imposer la production transalpine.


Source : www.lesechos.com PAR SYLVAIN OUCHICK


Cordialement le Blad.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles RÉCents

CatÉGories

Liens