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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 05:52

La PhytothérapieDossier FigaroPartner

1/5

Appliquée seulement depuis deux ans et demi, la loi dite «anti-burqa» n'est déjà plus suffisante en l'état. C'est en tout cas ce que pense Valérie Pécresse, députée (UMP) des Yvelines, qui dépose jeudi une proposition de loi pour la «renforcer». Depuis avril 2011, ce texte interdit en France le port dans l'espace public de toute tenue visant à dissimuler le visage. Ni cagoules, ni masques, ni voiles intégraux sur la voie publique (rues, plages, commerces, gares, etc.) ou dans les «lieux ouverts au public ou affectés à un service public», fixe la loi. Depuis le début de son application jusqu'au 21 février 2014, 1.111 contrôles ont été effectués, l'immense majorité concernant des femmes entièrement voilées. En France, 2.000 femmes porteraient le niqab. Au total, 1.038 verbalisations ont été établies (amende maximale de 150 euros), certaines femmes ayant été contrôlées à plusieurs reprises.

Ce n'est pas ce bilan de la loi que Valérie Pécresse remet en cause, mais le zèle de certains pour la contourner. Une seule personne est visée, à vrai dire: Rachid Nekkaz, surnommé «l'homme qui paie les amendes des femmes en niqab». À lui seul, il en a payé plus de 877 en France, soit une somme de 198.000 euros. En Belgique, où est également appliquée une loi contre le port du voile intégral, il en a payé 123. Pas un jour sans qu'il ne reçoive des demandes, par mail ou SMS, assure ce diplômé de la Sorbonne en philo qui a fait fortune dans l'immobilier après la revente de sa start-up. Fondateur de l'association Touche pas à ma Constitution, cet ancien candidat à la primaire du PS, qui s'est toujours dit «contre le niqab mais pour la liberté de circuler avec», estime ainsi qu'il «neutralise la loi sur le terrain».

«Défi à la République»

C'est pour réagir contre «cette provocation insupportable» et cet «appel à la désobéissance civique publique» que Valérie Pécresse veut combler les failles du texte de loi. «On ne peut pas impunément laisser un individu se vanter de faire entrave aux lois de la République, ça suffit!» s'exclame-t-elle. Qui plus est «dans le contexte actuel de radicalisation», précise-t-elle, et dans cet «état d'esprit de défi à la République où, sans cesse, on remet en cause l'autorité de l'État». Tous «les retours terrain», à Juvisy, Argenteuil ou encore Trappes, énumère-t-elle, concluent à la même chose: «On se moque de la loi car on sait que quelqu'un peut payer les amendes. Les policiers eux-mêmes sont désemparés, car ils voient bien la limite de leurs verbalisations.»

Sa proposition de loi prévoit ainsi d'instaurer «un délit d'entrave à la loi», puni de trois ans d'emprisonnement et de 100.000 euros d'amende, et de rendre obligatoire le stage de citoyenneté qui, jusque-là, s'offre comme une option à l'appréciation du juge. Une façon de contraindre la contrevenante à «personnellement» s'acquitter de sa sanction. Rachid Nekkaz s'amuse de cette tentative pour le court-circuiter. «Une loi pour moi, c'est intéressant, ironise-t-il. Pour remercier Valérie Pécresse, j'irai dans sa circonscription le 9 décembre pour payer une amende.» Rachid Nekkaz a rendu sa nationalité française il y a un an, en profond désaccord «avec les principes qui guident désormais la République en matière de respect des libertés fondamentales».

Source : Delphine de Malvoüe

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 11:52

A quelques exceptions près, on peut affirmer que les grands vignerons – autrement dit, celles et ceux qui ont été confirmés comme tels par une majorité de la critique et des amateurs – ne travaillent pas avec la grande distribution (GD) ; laquelle écoule par ailleurs autour de 80% du volume de vin produit. Comme l’enseigne Lidl, par exemple, qui accapare à elle seule 8% de l’ensemble du vin du Bordelais.

Pourquoi alors ces vigneron-ne-s en vue dédaignent-ils un réseau de distribution si puissant ? Eléments de réponse avec deux grands vignerons indiscutables : Richard Leroy (Loire) et Mathieu Deiss (Alsace).

« Il n’y a absolument aucune raison que je travaille avec la grande distribution »

Richard Leroy (à g.) et Etienne Davodeau (P. Rapiteau)

Richard Leroy est un vigneron angevin, considéré comme l’un des maîtres actuels du cépage chenin. On le connaît aussi pour son apparition dans la BD d’Etienne Davodeau, Les Ignorants, dont il est l’un des deux principaux protagonistes (l’autre étant Davodeau lui-même). Comme pas mal de domaines exigeants, il travaille en biodynamie, et le plus souvent sans intrants, « nature » :

« Les “nature” ne travaillent pas avec la GD, parce qu’on a des vins quidoivent être expliqués ; d’autant plus que les produits utilisés par les autres n’apparaissent pas sur l’étiquette... Et au sein des enseignes, il est évident qu’on ne va pas mettre 3-4 cavistes dans les rayons. »

Mais certains grands vignerons, remarque Richard, font bien « dubusiness » :

« De nombreux vignerons qui ont de grands vins savent trouver du volume, des cuvées de négoce moins qualitatives. L’argent, c’est le nerf de la guerre. Je n’en veux pas à ces vignerons, ils sont le reflet de la société. Mais ce n’est pas mon monde.

C’est une question éthique, bien sûr. On peut ne pas aimer mon vin, mais mon vin il est honnête : l’honnêteté des vignerons – on vend son nom – c’est ma conception du vin. Il ne faut jamais tromper le consommateur. J’accepte le jeu du j’aime-j’aime pas, je ne jouerai pas le jeu de modifier mon vin pour qu’il plaise au consommateur. »

Et le propre de la grande distribution, loin de l’éthique de Richard Leroy, « c’est de faire de l’argent » :

« C’est sa vocation. Mais en termes de chiffre d’affaires, c’est bien plus difficile de travailler avec des vins qui ont une forte personnalité. Moi j’ai la chance d’être soutenu par des cavistes qui ne m’ont jamais posé de questions sur les prix. On a des coûts de revient beaucoup plus élevés : si on veut vraiment vendre, on va sur autre chose.

J’ignore ce que va être l’avenir du commerce : toujours décadent, avec des grandes zones périphériques inhumaines, ou si on va réinventer autre chose, d’un peu plus drôle, réinvestir les centre-villes... En tout cas, il n’y a absolument aucune raison que je travaille avec la GD. »

Travailler avec la GD ? « Si on fait ça, dans 5-10 ans on est mort »

Jean-Michel et Mathieu Deiss (M. Sargis)

Mathieu Deiss, 30 ans, travaille avec son père Jean-Michel sur le domaine Marcel Deiss, l’un des plus réputés d’Alsace ; ils bataillent notamment pour le retour de la complantation dans cette région où le mono-cépage est la règle depuis quelques décennies.

Lui aussi commence par nuancer ma question affirmative, en précisant que les grandes bouteilles se trouvent bien, parfois, au hasard des rayons de la GD :

« Il y a ceux qui n’assument pas, des maisons qui sont officiellement contre mais qui dans les faits y distribuent leurs vins. Il y a ceux qui ne veulent pas mais dont on retrouve quand même les bouteilles ; en général, c’est alors le fait de revendeurs peu scrupuleux. Certains s’en sont même fait une spécialité : “Je te trouve trois bouteilles de Romanée-Conti [ultra grand cru de Bourgogne, ndlr] si tu me prends une palette de côtes-du-rhône.” On sert de produit d’appel pour que la GD écoule le reste.

Aujourd’hui, tu es obligé de consacrer une partie de ton temps à vérifier que tes vins ne se retrouvent pas n’importe où. Il y a trois ans, j’ai eu un agent en Normandie qui plaçait nos vins dans un petit resto, et les gars revendaient derrière à je ne sais plus quelle enseigne de GD. Et il y a aussi l’export, le marché gris. Aux Etats-Unis, en Asie, il y a des bouteilles, tu ne sais pas d’où elles viennent.

Nous on choisit des vendeurs qui peuvent expliquer nos vins, qui ont les mêmes valeurs, alors s’ils se font court-circuiter par la GD qui casse les prix, ils ne peuvent plus vivre de leur travail. »

Mais les grands vignerons n’y ont pas leur place, selon Mathieu, pour plusieurs raisons :

« Ces vignerons, qui font un vin culturel, sont en général plus chers que le marché : parce qu’ils ont des coûts de production plus élevés, du monde dans les vignes, plus de salariés... Mais le supermarché, c’est un lieu de compétition sur les prix. Si tu désires vendre en GD, il faut s’aligner sur les prix. Si tu veux garder un espace pour ce vin culturel, qui a de la profondeur, tu ne peux pas t’aligner. Par conséquent, tu ne peux pas y être.

Et entrer là-dedans, c’est ne plus pouvoir en sortir. C’est un cercle vicieux, tu dois rogner les coûts, tout tirer vers le bas... Quand tu es déshumanisé, tu es uniquement sur le produit lui-même. Grands vins nature ou culturels, dès que les gens veulent faire ça, ils se retirent de la GD. Et la réussite c’est encore de mettre quelque chose de grand dans la bouteille. »

QUID DES « GRANDS CRUS » DE BORDEAUX QU’ON TROUVE SYSTÉMATIQUEMENT EN GD ?

Le cas du Bordelais est un peu à part : pourquoi trouve-t-on en GD de nombreuses références de « grands crus », y compris classés et très chers ? Ces vins à l’étiquette réputée sont en fait produits à des volumes si importants (parfois plus de 100 000 bouteilles par an pour un seul château, sans compter ses deuxième voire troisième vins) qu’ils peuvent difficilement se passer de la grande distribution : comme des marques de prêt-à-porter qui seraient vendus au prix du luxe. Mais on peut présumer que l’image de ces vins (et donc leur prix) finira par s’écorner d’être devenus si courants.

Quant à travailler un jour avec la GD, pour ce qui le concerne Mathieu est clair : ce serait suicidaire.

« On a absolument aucun objectif de travailler avec la GD : si on fait ça, dans 5-10 ans on est mort. Rien qu’en Alsace, il y a des domaines qui, historiquement, ne travaillaient pas avec la GD, et de s’y être mis, ils ont reculé... Quel intérêt ? Sauf à vouloir avoir son nom, son étiquette, partout.

Le propre de l’industrie c’est de toujours tirer les prix vers le bas. Dans la GD c’est encore pire parce qu’officiellement, c’est pour donner du pouvoir d’achat aux gens... Je ne vois pas d’avenir pour la société par là. »

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 06:57

« Il faut réagir ! »

Sommes-nous encore libres dans notre pays ?

Sauvons nos traditions, écrivez à vos Députés,

vos Maires, aux politiciens .....!

CHANGEMENT DES NOMS DES VACANCES !

ce que souhaite le gouvernement:

au nom de qui, de quoi ?

Sont-ils devenus fous ?

Combien de temps les Français vont laisser faire cela ?

C'est le ridicule absolu.

Le Gouvernement veut changer la référence de nos congés !

Ce qui est annoncé, serait

réalité pour demain.

POURQUOI DEVRIONS NOUS CÉDER

DEVANT DE TELLES DEMANDES ?

Le congé de "Toussaint" deviendrait congé "D'automne"

Le congé de"Noël" deviendrait congé"d'Hiver",

et celui de "Pâques" deviendrait "De printemps",

Cela afin, je cite:

" de ne pas choquer certaines communautés ........."!

Au risque de choquer qui !?

Et mon PAYS ", il va se transformer en quoi ......!?

Mes racines, j'en fais quoi ? et les marchés de Noël ils deviennent marchés d'hiver ?!

Si je choque certaines personnes, veuillez m'en excuser,

je m'exprime librement tant que je le peux encore !......

Touche pas au Père Noël !......

On ne parle pas du Carême, mais

on nous rabat les oreilles du Ramadan !

RAS LE BOL DE NOS TROUILLARDS QUI

TREMBLENT DEVANT LES EXIGENCES DE L'ISLAM

Si vous êtes d'accord avec ceci, transférez !

Moi cest fait !!!

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 14:55
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 14:41
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 20:43
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 09:16
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 09:10
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 09:43

Acte 1/2 : Xinjiang, Ningxia & Shanxi

Aujourd’hui – plus que jamais – le monde du vin a les yeux braqués sur la Chine. Mais pourquoi donc me direz-vous ? Souvenez-vous. Début janvier 2014, la nouvelle a fait grand bruit dans tous les journaux : l’empire du Milieu devenait le premier pays au monde consommateur de vin rouge (avec 1,865 milliard de bouteilles consommées en 2013), détrônant au passage la France (1) ! Autant vous dire qu’en tant qu’explorateurs passionnés nous avions hâte de nous rendre sur place pour nous faire une idée globale de la situation. Nous avons passé 30 jours dans le pays, visité 32 domaines viticoles dans 7 régions différentes et dégusté plus de 230 vins. Récit d’un mois de voyage en Chine.

Des ambitions de développement clairement affichées

Jusque dans les années 1980 – c’est-à-dire hier à l’échelle de l’histoire de l’humanité – la Chine était principalement orientée vers la production de raisins de table dans les régions musulmanes de l’ouest. Même si l’histoire de la viticulture dans le pays aurait débuté 7000 ans avant notre ère, la culture de la vigne moderne chinoise a moins de 35 ans d’existence. Imaginez… En à peine trois décennies la Chine arrive au 5ème rang mondial des pays producteurs de vin (en 2012), avec une production proche des 15 millions d’hectolitres (2) ! Et le pays ne compte pas s’arrêter en si bon chemin ; loin de là. La Chine ambitionne de devenir le premier vignoble au monde d’ici cinq ans (3). Rien que ça.

Pour l’heure on peut distinguer sept régions principales de production, dans les provinces de Xinjiang à l’ouest, Ningxia et Shanxi au centre, Tianjin, Hebei, Pékin et Shandong à l’est.

Xinjiang, région de l’extrême aux investissements colossaux

Nous commençons notre exploration par la province de Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. Premier constat : le désert est roi (seulement 70mm de précipitations par an !). La montagne, omniprésente, garde bien jalousement ses sommets enneigés ; l’une des principales sources d’irrigation pour la vigne avec les lacs de la région. Dehors la température avoisine les 35°C à l’ombre – normal pour un mois de juillet. Les vendanges sont donc précoces, dès la fin août. Que de vignobles à l’horizon… Les hectares poussent ici à la vitesse des pâquerettes au printemps, et les paysages qui s’offrent à l’œil du voyageur sont d’une rare beauté.

Au nord de la province, non loin de la ville d’Urumqi, la vigne a été impulsée par les japonais en 1985, avec un réel boom fin des années 1990. Ici, c’est l’armée qui s’occupe de la gestion des 10 000 hectares plantés. Et les domaines rivalisent de gigantisme : une cuverie de 40 000 tonnes pour le domaine Tatary Winery, deux presses d’une capacité de 50 tonnes/heure chacune pour le domaine Sandyland, ou encore une production de 6 millions de bouteilles pour Citic Guoan Wine (qui exporte même un peu de vin dans les restaurants chinois parisiens). Un peu plus au sud, vers Korla, la toute jeune sous-région de Gobi, créée en 1998 avec le domaine Les Champs d’Or, affiche déjà une superficie de 6 000 hectares. Un bon début.

Le domaine Tian Sai Vineyard, avec son vignoble de 140 hectares planté en 2010, est bien parti pour y faire figure de référence : les vins sont très prometteurs. On y trouve des cépages internationaux comme le cabernet franc, le merlot ou le chardonnay, ainsi que deux variétés chinoises : le bei hong (rouge) et le bei mei (rosé) ; bei signifiant "Beijing", lieu d’où proviennent ces deux hybrides. On n’y lésine pas sur les moyens non plus : quatre hélicoptères viennent d’être achetés par le domaine et attendent sagement de transporter les clients VIP depuis l’aéroport de Korla jusqu’aux chambres d’hôtes de la propriété.

Autre domaine incroyable, et tout juste sortie de terre, le Château Changyu Baron Balboa Kinjiung, qui, avec ses immenses tourelles n’est pas sans rappeler un joyau de l’architecture médocaine. Les vins ne sont pas encore prêts. Ouverture au public très prochainement.

Photo : Ludovic Pollet / Tian Sai Vineyard


Nous vous parlions de viticulture extrême en été… et bien ça n’est pas tout ! Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Viennent s’ajouter à cela des températures glaciales en hiver : -20 à -25°C ; obligeant les domaines à enterrer chaque pied de vigne à la fin de l’automne, au risque de les voir dépérir durant l’hiver. Un travail de titan.

Autre problématique : la main d’oeuvre. Car aussi paradoxal que cela puisse paraître, on manque cruellement de travailleurs dans cette partie de la Chine. Et même si le gouvernement chinois y investit massivement en vue d’attirer de nouveaux ouvriers, on ne se bouscule pas (encore) à la porte. La mécanisation du vignoble est donc très développée dans le Xinjiang.

Ningxia, la région œnotouristique en plein boom

Photo : de gauche à droite : JB, Mr Cao Kailong, Ludo & le Professeu

Qui a entendu parler de vin chinois a du entendre parler du Ningxia, la province la plus médiatique, et à ce jour l’unique région officielle reconnue en Chine. Certains signes ne trompent pas : le Ningxia possède son propre organisme de régulation du vin (le seul du pays), une zone viticole expérimentale internationale à été mise en place (où l’OIV, ou encore Denis Dubourdieu, y ont une parcelle de vigne) et le salon Vinitech Chine a été déplacé à Yinchuan, la capitale de la province. Ici, nous sommes sur le même parallèle que Bordeaux. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire (à tort), le climat y est bien différent car de type continental, avec des précipitations moindre (200 mm/an) et de très forts écarts de température entre l’été et l’hiver, obligeant également à couvrir la vigne en hiver. Fort heureusement, la protection des montagnes d’Helan, la haute altitude du vignoble (1200 m), les 73 lacs de la région et la Rivière Jaune offrent des conditions très propices à la culture de la vigne.

Photo : Ludovic Pollet / Futurs vignobles, région de Ningxia

La volonté de croissance du Ningxia est forte, nous explique Mr Cao Kailong (Directeur du Bureau of Grape and Floriculture Development du Ningxia), lors d’un diner à Yinchuan avec le professeur De Mei LI : "beaucoup d’entrepreneurs sérieux investissent dans le vin ici et nous souhaitons dans un futur proche doubler la superficie viticole du Ningxia pour atteindre les 66 000 hectares". Et les investissements du gouvernement local en faveur du développement oenotouristique sont considérables : 50 milliards de RMB (l’équivalent de 6 milliards d’euros) ont été investis dans la construction des routes ainsi que pour l’acheminement de l’eau et de l’électricité. Et la région regorge d’excellents domaines produisant de très bons vins, comme les vignobles Silver Heights (probablement le meilleur vin rouge chinois), Helan QingXue, Leirenshou, Helan Mountain, ou encore le Château Septembre.

Photo : Ludovic Pollet / Château Septembre, une histoire de famille

Shanxi, entre gigantisme et modernité

Nous quittons la province de Ningxia pour celle de Shanxi – plus à l’est – à 1h30 d’avion. Dans la voiture qui nous conduit à l’aéroport un message à notre attention passe à la radio locale : "Nous espérons que vous avez passé un agréable séjour ici et souhaitons aux WINE Explorers un bon voyage en Chine". L’attention est sympathique.
Shanxi est une province magnifique, recouverte de montagnes verdoyantes et avec peu d’espace habitable au sol. C’est aussi (et malheureusement) la région la plus polluée de Chine.Les vignobles, préservés par l’altitude, y sont cultivés entre 700 et 1 200 m. On y trouve des vins absolument délicieux. Après avoir roulé 4h et emprunté nombre de routes sinueuses taillées dans la roche, nous arrivons enfin au premier domaine de notre visite, le Château Rongzi. Et quelle surprise !

Photo : Ludovic Pollet / Château Rongzi


Ce n’est pas un château qui se dresse devant nous, mais un village tout entier – en cours de construction – qui est littéralement venu se poser sur la montagne. Impressionnant… Les 400 hectares de vigne, plantés en 2007, produisent actuellement 400 tonnes de raisin pour des vins d’une belle qualité, surtout en rouge. Il faut dire que l’on a fait appel aux conseils avisés de Jean-Claude Berrouet pour l’élaboration des vins ; de quoi hisser le domaine vers les sommets.

Photo : Ludovic Pollet / Château Rongzi


Autre pépite du Shanxi, le domaine Grace Vineyard, avec ses 200 hectares de vigne plantés en 1998, et dont la propriétaire, Judy Leissner, est l’une des grandes figures du vin en Asie (4). "L’ensoleillement, la haute altitude, les sols très pauvres et les 500 à 600 mm de précipitations par an dans la région offrent des conditions optimales pour la culture de la vigne", nous explique-t-on. Le chardonnay du domaine est particulièrement remarquable.

Dégustation : la Chine a fait des progrès considérables

Il faut le reconnaître, la Chine nous a bluffés : la qualité des vins est au rendez-vous pour beaucoup de domaines. Un bémol de taille toutefois : boire du (bon) vin en Chine en coûtera à votre porte-monnaie : au minimum entre 25 et 30€. Il est d’ailleurs courant de voir des vins vendus au-dessus des 100€ – notamment via des systèmes d’adhésion VIP, directement à la propriété, et très prisés des clients chinois fortunés. (À noter également : la majorité de la production chinoise, vendue en grandes surfaces autour des 5€, n’est pas montrée lors des dégustations, et a très mauvaise presse).

Le cabernet-sauvignon est roi en Chine, tout comme beaucoup de cépages internationaux sont très prisés (merlot, cabernet franc, syrah, chardonnay, sauvignon blanc et riesling). Cependant le cabernet gernischt (5), le principal cépage rouge chinois – et dont les origines seraient européennes – nous a particulièrement séduits. Traditionnellement cépage d’assemblage, nous avons toutefois pu en goûter sur cuve au domaine Helan Mountain : un nez herbacé, très épicé (poivre, violette, clou de girofle) et sur les fruits noirs ; peu de tanins en bouche, croquant et frais.

Photo : Ludovic Pollet


Cinq vins rouges nous ont particulièrement marqués dans ces trois régions, pour leur élégance, leur structure et la finesse de leurs tanins :

1- "Skyline of Gobi Cabernet Sauvignon 2012", du domaine Tian Sai Vineyard (XIANJIANG)
2- "Jiabeilan Reserve Cabernet Sauvignon 2011", du domaine Helan QingXue (NINGXIA)
3- "Oak Reserve Wine 2011", du domaine Leirenshou (NINGXIA), un assemblage cabernet sauvignon-merlot avec une bouche soyeuse et de jolis fruits
4- "Cabernet Sauvignon Special Reserve 2010", du domaine Helan Mountain (NINGXIA) : une structure dense et profonde avec des tanins superbes
5- "Rongzi Cofee Label 2013", du Château Rongzi (SHANXI), un élégant assemblage bordelais de cabernet sauvignon, cabernet franc et merlot.

Photo : Wine Explorers



Ainsi que deux vins blancs et une méthode traditionnelle :
1- "Chardonnay Special Reserve 2011", du domaine Helan Mountain (NINGXIA), sans doute le meilleur chardonnay chinois : crémeux, frais, complexe et délicat
2- "Méthode Traditionnelle Brut Rosé NV", du domaine Chandon (NINGXIA), la seule méthode traditionnelle sérieuse en Chine, assemblage de chardonnay et pinot noir
3- "Tasya’s Reserve Chardonnay 2011", du domaine Grace Vineyard (SHANXI), un chardonnay vif, sur la tension et la fraîcheur.

Ganbei, ou l’art de boire cul sec…

Photo : Ludovic Pollet

En conclusion de ce premier volet sur la Chine nous souhaitions partager avec vous une tradition chinoise – au combien respectueuse, traditionnelle et millénaire – mais tellement douloureuse pour l’organisme d’occidentaux que nous sommes : le ganbei, que l’on traduit par "cul sec". Elément indispensable du business en Chine, vous n’échapperez pas à un repas d’affaires sans entendre crier "Ganbei !" à tout bout de champ. Car l’affaire est sérieuse : protocole rigoureux et refus de boire son verre interdit, au risque de vexer son hôte. Dès le premier soir de notre arrivée en Chine nous avons eu le droit à un dîner dans les règles, arrosé de baijiu, l’alcool de riz traditionnel chinois. Une bouteille de MOUTAI arrive sur la table, l’un des baijiu les plus prisés en Chine. Mais ça titre tout de même à 65% d’alcool ! La gorge en feu, transpirant, bien alcoolisés… nous essayons de faire bonne figure. Les invitations à trinquer partent dans tous les sens et s’enchaînent à une vitesse folle. Nous finirons la soirée dans un sacré état. À vivre au moins une fois pour comprendre le phénomène. Soyez prêts…

  • (1) selon l’étude de conjoncture Vinexpo
    (2)Source OIV 2013 ; prévision. Un chiffre à nuancer cependant, puisque Debra Meiburg MW nous confiait récemment et à juste titre « qu’il est difficile de sortir des statistiques, car la Chine importe beaucoup de vin en vrac, qui est ensuite mélangé avec la production locale »
    (3) source : Le Figaro
    (4)Judy Leissner a été nommée « Personnalité Asiatique du Vin 2012″ par le magazine The Drinks Business.
    (5) le cabernet gernischt, cultivé dans le pays depuis au moins un siècle, semblerait être un très proche cousin du cabernet franc, d’après des études récentes.
  • Merci à Nancy Pan et Brian Yao pour leur aide précieuse sur le terrain et les nombreuses traductions du chinois vers l’anglais.



Source : wine explorer

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 09:02
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