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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 19:00

Lérins, comme une promesse de paradis. Quand le bateau débarque son contingent de touristes sur la petite île, à un quart d’heure de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, les cigales, l’azur de la Méditerranée souligné par le soleil d’été qu’encadre la palette des verts des pins, des eucalyptus et des vignes, emplit le cœur de joie et de sérénité. Avec la promesse de goûter des vins superbes.

 

Au contraire des milliers de visiteurs qui assaillent son encombrante et non moins séduisante voisine, l’île de Sainte-Marguerite, Saint-Honorat – du nom du patricien gallo-romain, qui, au début du Ve siècle, s’est fixé sur l’île de ­Lerina – n’accueille que quelques centaines de bienheureux. A condition de rester corrects, « par respect pour les moines qui vivent sur l’île depuis seize siècles, merci de respecter le silence et une tenue décente (tee-shirt et short obligatoires) », ils pourront découvrir les criques de l’île, visiter aussi la ­partie ouverte de l’abbaye.

 

« La règle de saint Benoît dit que “le vin ne convient pas au moine”, mais il n’est pas facile de l’en persuader »

Certains portails s’ornent de panonceaux décorés d’une silhouette de moine encapuchonné interdisant l’entrée aux touristes. Qui se consolent en déjeunant aux Tonnelles, le restaurant de l’île, avec les vins îliens. D’autres flacons y sont proposés, car l’abbaye ne vinifie qu’en rouge et en blanc et, au cœur de la saison estivale, nombreux sont les clients tentés par un rosé provençal.

 

Source  : http://www.lemonde.fr

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 09:00
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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 19:06
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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 07:48

La coopérative viticole des Caves de Rauzan a créé avec le soutien du Conservatoire d'espaces naturels une promenade à travers les vignes, les bois et les prairies. Une manière de découvrir la biodiversité et de sensibiliser le monde viticole à la question écologique.

À Rauzan, dans l'Entre-deux-mers, cette région naturelle prise en étau entre la Garonne au Sud et la Dordogne au Nord, les vignes ne courent pas à perte de vue sur de grands terrains plats. La terre est vallonnée et les exploitations viticoles côtoient bois et prairies. Ces paysages divers où la faune et la flore prospèrent forment une biodiversité locale que les viticulteurs des Caves de Rauzan ont décidé de promouvoir et de protéger.

Depuis le 1er juillet, cette coopérative viticole, particulièrement engagée dans les vins biologiques, propose avec l'aide du Conservatoire d'espaces naturels d'Aquitaine une promenade de 4 kilomètres sur les 82 hectares mis à disposition par sept de leurs viticulteurs. Pendant deux à trois heures, ce parcours pédestre dédié à la biodiversité permet de découvrir des paysages d'une beauté équilibrée, où haies et taillis délimitent les espaces boisés de ceux où s'étendent les ceps de vignes.

De nombreuses espèces protégées

Des panneaux éclairent les promeneurs.
Des panneaux éclairent les promeneurs.

Sur le chemin, à chaque endroit où la nature est particulièrement remarquable, des écriteaux forment le promeneur et l'aident à découvrir la richesse du lieu. Des sites d'observations, des nichoirs et des gîtes à insectes sont aussi progressivement aménagés. Ce qui pourrait étonner à première vue, les rares bâtiments agricoles, qui ne sont plus utilisés par les viticulteurs, ont néanmoins été préservés. «Les vieilles bâtisses abritent aussi notre patrimoine naturel», explique le Conservatoire d'espaces naturels, qui précise: «Au fil du temps, les espèces faunistiques et floristiques ont trouvé dans nos constructions un habitat idéal trop souvent ignoré». La nature y reprend donc ses droits, notamment les chauves-souris, qui y trouvent suffisamment d'obscurité pour y passer leurs journées, ou les hirondelles, qui nichent entre les poutres.

» Lire aussi - Un été en toscane: les caves du «vini nobili» 

Libellules, grenouilles et écrevisses sont observées par les visiteurs.
Libellules, grenouilles et écrevisses sont observées par les visiteurs.

Le Conservatoire d'espaces naturels d'Aquitaine a d'ores et déjà recensé 106 espèces naturelles différentes. Neuf d'entre elles font l'objet d'arrêtés de protection, nationaux ou européens. De préférence armé de jumelles, le promeneur pourra observer des pinsons des arbres, des chardonnerets élégants, reconnaissables au haut rouge de leur tête, ou des Loriot d'Europe, aux plumes jaunes. Autour des mares, des libellules, certaines particulièrement rares comme la Sympétrum rouge sang, des grenouilles et des écrevisses, qui, sur les bords, traquent alevins et têtards. Si les petits lézards des murailles pullulent devant les pieds des promeneurs, les lézards verts, qui peuvent atteindre une trentaine de centimètres et qui sont protégés par la loi en France, se font plus discrets, souvent perchés sur un mur.

Sensibiliser à la question écologique les touristes mais aussi le monde viticole

Pour préserver la faune et la flore d'un éventuel afflux de visiteurs, les promeneurs doivent s'inscrire préalablement aux Caves de Rauzan, qui se trouvent à quelques centaines de mètres, pour ne pas dépasser le seuil de vingt personnes par heure.

Les écosystèmes sont pensés aussi pensés pour les viticulteurs.
Les écosystèmes sont pensés aussi pensés pour les viticulteurs.

Les viticulteurs à l'origine de cette initiative, passionnés par la richesse naturelle de leur terroir, ne souhaitent pas seulement s'adresser aux touristes, mais également sensibiliser le monde viticole à la question écologique. Créées en 1933 quand les viticulteurs se sont réunis en coopérative pour affronter les conséquences de la crise économique, les Caves de Rauzan font depuis 2009 le pari du vin biologique. En moins de dix ans, sur les près de 3600 hectares de la coopérative, qui est la plus grande de France en matière de vins d'appellation contrôlée, une quinzaine d'exploitants, couvrant 200 hectares, se sont convertis à l'agriculture biologique.

» Lire aussi - Caroline Frey: «Le vin biologique est de meilleure qualité» 

Les espèces s'autorégulent, expliquent le directeur de Rauzan.
Les espèces s'autorégulent, expliquent le directeur de Rauzan.

Le parcours biologique s'inscrit dans cette même volonté de développement de la filière biologique. «Pour adopter une approche biologique, c'est important de savoir comment les espèces s'autorégulent», explique Philippe Hébrard, directeur-général des Caves de Rauzan. Cet ingénieur de formation cite par exemple le cas des araignées rouges et jaunes qui sont, malgré leur nom, des acariens, et qui fourmillent sur les vignes, brunissant leur feuillage et réduisant du même coup leur photosynthèse. «Il suffit de trouver le bon prédateur», s'exclame Philippe Hébrard, qui a étudié le cas d'un autre acarien, le typhlodrome, qui mange justement les araignées rouges et jaunes. «Les typhlodromes se réfugient dans les sous-bois, les haies et les talus, c'est donc très important de développer cet écosystème si l'on veut réduire notre consommation de pesticide», ajoute-t-il.

Dans cette promenade magnifique à travers les paysages de l'Entre-deux-mers, promeneurs et viticulteurs peuvent observer comment les espèces se régulent entre elles. À commencer par l'homme, qui évitera de cueillir les cèpes que l'on trouve encore, malgré l'absence de précipitations récentes, à l'ombre des chênes.

 

Source : http://www.lefigaro.fr/ ; Alexis Feertchak.

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 19:14
La Fête de la Rivière revient pour une 3ème édition et s’associe pour l’occasion à l’appellation Sainte-Foy Côtes de Bordeaux !

Le dimanche 6 août prochain, les visiteurs pourront venir découvrir le territoire de Sainte-Foy-La-Grande ainsi que les vins de l’appellation autour d’un programme d’activités complet. L’occasion aussi pour l’appellation de fêter sa récente adhésion à l’Union des Côtes de Bordeaux.

Au programme :

Une matinée sportive et un après-midi ludique ! Telle est l’ambition de la 3ème édition de la Fête de la Rivière et du Vin de Sainte-Foy, organisée le 6 août prochain par l’Office de Tourisme du Pays Foyen en partenariat avec l’appellation Sainte-Foy Côtes de Bordeaux.

Le matin, les sportifs pourront en effet participer à une marche nordique et à une randonnée pédestre, respectivement organisées par Pineuilh Accueil et le Comité Départemental du Sport en Milieu, jusqu’au lancement officiel de la Fête à 12h.

L’après-midi sera placé sous le signe du divertissement, avec un programme d’animations varié, entre jeux pour enfants, démonstrations des rouleurs de barriques de Lussac ou encore présentation du travail d’un tonnelier. Sans oublier la possibilité de se restaurer sur place midi et soir grâce à un marché gourmand, des animations musicales et même un feu d’artifice le soir !
Les vignerons de Sainte-Foy et des autres Côtes de Bordeaux y seront également présents dès 11 h pour partager leur passion et faire découvrir leurs vins autour d’un atelier initiation à la dégustation et d’autres animations, dont notamment des intronisations de personnalités par la confrérie ! Petits et grands pourront ainsi passer une journée conviviale sur les berges de la Dordogne pour célébrer Sainte-Foy-La-Grande et les vins de son terroir !

Informations pratiques :

Date : dimanche 6 août 2017
Horaires : à partir de 9h45
Lieu: les berges de la dordogne



Source : http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/agenda/o133183-sainte-foy-en-fete

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 06:44

La Cité du Vin de Bordeaux inaugure lundi un nouveau cycle sur les vignobles en commençant par "la Géorgie, berceau de la viticulture" où les premières traces de vin au monde ont été découvertes il y a 8.000 ans.

"On essaye de montrer à quel point le phénomène du vin fait partie inséparable de la vie quotidienne et de la culture géorgienne dès le début, dès l'époque néolithique", a déclaré Nino Lordkipanidze, commissaire associée à l'exposition qui s'ouvre le 31 juillet pour se terminer le 5 novembre.

Une scénographie contemporaine présente 125 objets archéologiques datant du néolithique à nos jours, symbolisés par une longue table avec des récipients vinaires de toutes les époques. Pour la première fois sont exposés au public deux fragments de vaisselle comportant des traces d'acide tartrique, principal marqueur du vin, et attestant de la présence du vin 6.000 ans avant Jésus-Christ.
Des reproductions de jarres, décorées de grappes de raisin, des bijoux ou encore de la vaisselle comme des cornes pour boire le précieux breuvage, de l'âge de bronze ou encore du temps des royautés sont présentés. Une vidéo de chants polyphoniques géorgiens montre également le rôle du vin durant le christianisme.
Un marani, chai géorgien, a été en partie reconstitué avec de grands récipients en forme d'amphores ovoïdes appelés kvevri et enterrés devant de nombreux outils de travail, encore utilisés aujourd'hui, notamment pour la production de vins dits de la "quatrième couleur" -- en plus du blanc, rosé et rouge -- les vins "orange", des vins blancs vinifiés comme des vins rouges, avec notamment la macération pelliculaire.
Preuve de l'importance de la vigne et du vin dans cette partie de l'Europe, où des traces des premiers hommes européens ont été retrouvées, des sarments de vigne entourés de feuilles d'argent (seconde moitié du 3e millénaire avant J-C) se retrouvent jusque dans la tombe. "La vigne accompagnait la personne enterrée dans son voyage dans l'au-delà", explique Nino Lordkipanidze.

Des photographies en noir et blanc à la Robert Doisneau retracent la vie quotidienne au début du XXe siècle avec des scènes de danse, le transport du vin, la fabrication des kvevri. Devant l'oeil du photographe Dimitri Ermakov, une petite fille devant une grande jarre, dont la tradition veut encore qu'elle soit fermée à la naissance de l'enfant pour la boire à son mariage.
L'exposition se clôt par un banquet géorgien: le "Carroussel à l'orgue de barbarie, Datiko Zemel" (1906) de Niko Pirosmani, peintre qu'appréciait Pablo Picasso. Des hommes attablés portent un toast dans des cornes, comme les Géorgiens le font encore. Pour prolonger l'expérience, la Cité du Vin propose autour de cette manifestation un réel banquet géorgien, ainsi que des conférences, concerts, films et bien sûr des dégustation de vin, notamment en kvevri.



Source : AFP, http://avis-vin.lefigaro.fr/economie-du-vin/o133149-la-georgie-berceau-de-la-viticulture-a-la-cite-du-vin-de-bordeaux

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 06:40

Retour aux sources après plus de 20 ans en Argentine et un empire de construit.

Hervé Joyaux, originaire de Bordeaux, et la famille Montmayou, originaire du vignoble de Cahors, sont devenus propriétaires fin juin des marques Château Saint Didier de Parnac (1re marque AOC Cahors au Québec), Château de Grézels et Prieuré de Cénac (un des terroirs à plus fort potentiel de l'appellation), soit près de 120 ha au total, ce qui les positionnent comme deuxième producteur de l'AOC Cahors.

En 1993, Hervé Joyaux avait lancé la bodega Fabre Montmayou en Argentine, associé à son ami d'enfance, Pierre Noyer Montmayou, descendant du Maréchal d'Empire Jean-Baptiste Bessières, dont la statue domine les allées Fénélon à Cahors. MM. Joyaux et Montmayou deviennent "les pionniers du vin de qualité 100 % Malbec", dans ce pays qui ne compte alors que 10.000 ha environ de ce cépage (contre près de 45.000 aujourd'hui).



Source : http://avis-vin.lefigaro.fr/economie-du-vin/o133134-les-pionniers-francais-du-malbec-en-argentine-reviennent-en-cahors

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 19:04

FIGAROVOX/TRIBUNE - Drapé dans les couleurs de la France après sa victoire en boxe Muay thai, l'athlète Patrice Quarteron s'est attiré les foudres d'une partie des réseaux sociaux, qui l'ont qualifié de « traître » et de « bounty». Pour Fatiah Boudjahlat, cela révèle la haine de la France d'une partie des enfants d'immigrés.


Fatiha Boudjahlat est cofondatrice avec Céline Pina du mouvement Viv(r)e la République. Elle est aussi l'auteur de l'essai à paraître aux éditions du Cerf: Féminisme, tolérance, culture: Le grand détournement.


Patrice Quarteron a remporté une victoire importante dans la discipline de boxe Muay thai. Il a exprimé une joie légitime, en se revêtant du drapeau français. Mais selon ses détracteurs qui se sont déchaînés sur les réseaux sociaux, il a eu le tort de mêler les couleurs nationales à sa victoire, il a eu le tort d'afficher et de verbaliser son patriotisme. Il leur a répondu par un post des plus intéressants: «Quand vous portez un drapeau d'un pays où vous ne vivez pas, on vous dit «bravo, j'adore, c'est courageux, c'est un signe d'ouverture. Quand on porte le drapeau du pays dans lequel vous vivez, où vous payez vos impôts, avec lequel vous souffrez, aimez, combattez, on vous dit: «t'es un chien, un putain de facho». Je porte mon drapeau fièrement. Et j'emmerde les fils de putes qui préfèrent se sentir américains, marocains, russes etc tout ça parce qu'ils vont en vacances une semaine dans un autre pays et reviennent en se sentant étrangers à leur propre pays. Soyez patriotes et reconnaissant. Vous devez tout à la France.» Le ton virulent est propre aux réseaux sociaux, il est aussi dû au caractère de ce sportif, ainsi qu'à la nature et à la véhémence des insultes essuyées.

Afficher les couleurs nationales, aimer son pays, assumer sa fierté d'être français ont valu à Patrice Quarteron de se faire traiter de facho, mais aussi, et il y a plus à en dire, de «bounty» et de traître. Ces insultes sont devenues classiques quand il s'agit de désigner les enfants d'immigrés bien dans leurs baskets françaises et aimant la France. Elles sont complétées par celles de «harki», de «collabeur», de «nègre de maison», termes dont j'ai été moi-même gratifiée. Elles renvoient à une trahison supposée: celle de son vrai pays, celui des origines, au bénéfice de son faux pays, celui où l'on vit. Elles sont les manifestations des métastases indigénistes et gauchistes de l'identité qui n'ont rien à leurs symétriques identitaires.

La violence se déchaîne parce qu'il est noir. Et un bon noir, un vrai noir digne, qui s'assume, ou un bon arabe n'est pas censé aimer la France sauf à avoir une mentalité d'esclave. Il est question d'authenticité. On est un vrai arabe, un vrai musulman, un vrai enfant d'immigré etc quand on vante le bled et que l'on cultive l'indifférence voire le mépris à l'endroit de la France. Puisqu'eux brandissent l'accusation de trahison, il faut convenir que le vrai sujet est celui de I'allégeance, ce terme désuet qui désigne la fidélité que l'on doit au souverain. Et en République, c'est le peuple qui est souverain. Refuser l'allégeance au pays dans lequel on est né, dans lequel on vit et dans le même temps la réserver à celui dans lequel on ne va qu'en vacances, avec un pouvoir d'achat européen, c'est faire de la France un simple guichet de services.

Patrice Quarteron a raison de dénoncer l'hypocrisie de ses détracteurs.

Le patriotisme est brocardé, dénoncé, moqué, criminalisé quand il concerne la France, mais il est respecté, vanté, normalisé quand il concerne le pays d'origine. Houria Bouteldja, égérie du Parti des Indigènes de la République, écrit ainsi dans son ouvrage Les Blancs, les Juifs et Nous: «J'ai laissé mon pays libre, comme une étoile scintillante. Je suis allé au pays des impies, le pays de l'obscurité» , et plus loin, avec un talent poétique certain: «Ô mes frères, mes soeurs, Ô mes frères mes soeurs, des Français je suis dégoutée. J'accepte de ne porter qu'un tricot mais je ne veux pas qu'on m'appelle «bicot». O mon Dieu, ma foi est meilleure que la leur. Celui qui critique le pays [l'Algérie], que la rivière l'emporte.» Que n'entendrait-on pas si ces mêmes propos avaient été tenus à l'endroit de ceux qui critiquent la France! Et il faut être honnête, je n'ai jamais vu un élève asiatique afficher le drapeau du pays de ses parents, alors que tant de mes élèves affichent sur les écrans des ordinateurs du collège, sur leurs carnets de correspondance les drapeaux des pays du bled, Afrique du Nord et Afrique noire.

La nostalgie entretenue par les parents et par les pairs se vit sur le mode du combat, du conflit de loyauté. Cette volonté obsessionnelle de déraciner ces enfants est pourtant «la plus dangereuse maladie des sociétés humaines.» . Ce n'est pas anecdotique, c'est politique et c'est donc emblématique. Ceux là-mêmes qui voient du nationalisme quand il s'agit du drapeau français ne sont en rien gênés par l'esprit cocardier de ces jeunes, pourvu qu'il se fasse au bénéfice d'un pays autre que la France. Ce n'est donc pas le patriotisme en lui-même qui est rejeté, c'est la France. J'ai pris l'habitude d'exiger de ces élèves qu'ils dessinent ou affichent un drapeau français de la même dimension que celui dessiné. Autant il est difficile de leur faire verbaliser le fait qu'ils sont français et que la France mérite tout autant d'être respectée et aimée que les pays du bled, autant ils réalisent combien leur attitude pose problème quand on inverse les pays: si une personne née et vivant en Algérie d'origine Française n'affichait que le drapeau français, clamait qu'elle n'était pas Algérienne, ne cessait de critiquer l'Algérie, tout cela en y vivant, comment régiraient les Algériens? Mal, les élèves en conviennent.

Patrice Quarteron a raison: c'est le drapeau Français qui est honni, quand ceux du bled ou de la Palestine fleurissent dans les manifestations festives, sportives ou politiques. Ce n'est pas le drapeau qui gène, c'est la France.

Quand c'est un autre pays, c'est un patriotisme sain et juste. Quand c'est la France, c'est l'expression d'un nationalisme destructeur d'altérité. Un élu de Saint-Denis, Madjid Messaoudène, a fait la promotion sur son compte twitter de boîtes de mouchoir aux couleurs de l'Algérie. Jamais il ne lui serait venu à l'esprit d'avoir le même esprit cocardier vis-à-vis de la France. Il se dit binational comme une immunité diplomatique, mais ne dit jamais de bien de la France, n'affiche jamais ses couleurs, au contraire de l'Algérie. La binationalité consiste dans son cas et dans le cas de beaucoup de ceux qui ont insulté Patrice Quarteron à lier une nationalité de raison, la nationalité française, celle que l'on subit, à une nationalité de cœur, celle du pays des parents, qui suscite tendresse et nostalgie. L'allégeance ou le patriotisme ne se vit pas sur le mode de l'alternative pourtant: on peut aimer les deux pays et on ne trahit pas l'un en aimant la France.

Les contempteurs de Patrice Quarteron se dépêchent de préciser qu'ils sont Français, comme une bravade. Qu'ils sont donc ici chez eux. Chiche. Qu'ils en tirent toutes les conséquences: être ici chez eux implique un sentiment d'appartenance, pas une rente viagère. Mais ils ajoutent qu'ils n'ont pas choisi d'être français, qu'ils n'ont pas choisi de naitre et de vivre en France. Ont-ils plus choisi d'avoir des parents algériens ou marocains? Cela ne les empêche pas d'afficher les couleurs de ces pays. Ils présentent le fait de vivre en France comme une fatalité, une souffrance. Mais il y a pourtant un opting out, un droit de sortie de la France: les frontières sont ouvertes. Pourquoi ne pas l'exercer, puisque la vision de Français d'origine étrangère et aimant la France les insupportent à ce point? Houria Bouteldja répond dans le même livre, à la page 109: «Ce sera notre éternel dilemme: rester et subir l'humiliation, partir et crever la dalle». Mais alors, leur patriotisme, leur amour de leur pays tient à peu de choses: au pouvoir d'achat et au standing. Il est vénal. Eux construisent le dilemme, l'alternative. Eux construisent un conflit de loyautés qui empoisonne la vie des jeunes.

C'est à eux de questionner leurs sentiments patriotiques à l'égard du pays de leurs parents, ce n'est pas à nous de remettre en cause ceux que nous éprouvons vis-à-vis de la France. Dans notre République, ce n'est pas la souche, l'ancienneté de la présence qui compte, c'est l'enracinement permis par le consentement. La communauté nationale repose sur deux éléments selon Renan: «L'une est la possession en commun d'un riche leg de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage que l'on à reçu indivis.» Indivis: le noble et l'ignoble, le glorieux et le honteux. C'est en se tenant sur ces deux pieds que naît le sentiment d'appartenance. On ne l'attend pas d'immigrés de travail, mais comment ne pas l'attendre de leurs enfants nés et vivant en France? Comment trouver normal l'appartenance à une communauté internationale comme l'oumma, ou à celle au pays de ses parents et rejeter l'appartenance à la communauté dans laquelle on vit?

La République n'est pas qu'un cadre juridique, axiologiquement neutre. Il convient de nous interroger tous. Pourquoi n'afficher nos couleurs que lors des victoires sportives? Pourquoi ne tolérer et ne goûter l'hymne nationale que lors des rencontres sportives? Pourquoi a-t-il fallu attendre la série d'attentats meurtriers pour oser, timidement, pavoiser les façades de nos logements de nos couleurs? La République est aussi un contenu en termes de valeurs qu'une catégorie de l'imaginaire qui se nourrit de symboles. Il faut, comme l'écrit JP Salazar, convenir que «la République est une forme forte de politique, une violence même faite au vivre-ensemble». La République ne peut plus être le lieu neutre du «venez comme vous êtes». L'État a trop mis en avant sa neutralité. Au point de ne plus offrir de contenu éthique, de chemin vers la vie bonne. Au point de ne plus offrir de vie collective riche, de ne plus constituer une transcendance. Celle là même qui permet de se dépasser et d'être meilleur. Il faut enseigner et assumer la vertu civique, dont Vauvenargues écrit qu'elle se confond avec «la préférence de l'intérêt général au particulier.» C'est l'exemple que nous offre la joie de Patrice Quarteron. La joie de faire gagner son pays. Mais il est vrai que l'État Français a été trop laïque vis-à-vis de lui-même, autorisant et protégeant tous les cultes sauf celui de l'État, et que, réduit à un guichet de prestations et à un ensemble de procédures, il ne peut susciter affection et allégeance. Laissons le french bashing aux ennemis de la France, assumons d'aimer la France. Le patriotisme républicain s'apprend, s'il s'enseigne. Associons-le à la bravoure, à la victoire. Il faut redonner le goût d'aimer la France, ailleurs que lors des veillées funéraires. Apprenons à servir plutôt qu'à se servir, au sens de Bernanos, c'est-à-dire en «gardant vis-à-vis de ce qu'on sert une indépendance d'esprit absolue. C'est la règle des fidélités sans conformisme, c'est-à-dire des fidélités vivantes.» Dans le même ordre d'idée, Mark Twain définissait le patriotisme comme le fait de «défendre son pays en toute circonstance, et son gouvernement, seulement quand il a raison.» Au final, soyons humbles. Contentons nous de demander pour la France ce que Houria Bouteldja ressent et exige pour l'Algérie.

 

Source : http://www.lefigaro.fr  ;  

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 07:13
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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 18:51
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