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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 07:44

Andrew Bell, président et cofondateur de l'Association américaine de sommellerie, a exercé ses talents dans le célèbre restaurant Guy Savoy, à Paris. C'est à lui qu'a été confiée la tâche de rassembler à New York un jury de 46 professionnels pour décerner la vingtaine de Bacchus qui seront remis le 4 juin prochain à Perpignan. Avec son oeil d'expert, et sans langue de bois, il nous raconte la patiente conquête du vin sur les terres du roi Coca.
Le vin français a-t-il toujours la cote aux Etats-Unis ?
C'est une grande question... Les grands crus, les premiers crus, les crus classés, les grands crus de Bourgogne, les références de Champagne, les grands vins du Rhône, ont toujours leur place sur le marché. Mais il y a beaucoup plus de concurrence maintenant. Quoi qu'il en soit, si la France n'a plus la cote, elle demeure la référence. Mais est-elle capable de redevenir le pays le plus important en pourcentages de ventes dans le marché américain ? C'est la grande question...

A quoi est dû ce "désamour" ?
Il y a des régions françaises qui sont restées un peu sur leurs lauriers, pensant être intouchables par rapport aux autres pays. Or, il y a maintenant beaucoup de pays qui font autant, seulement ils le font moins cher. Et quand vous ajoutez la crise économique, eh bien seuls les consommateurs "snobs" restent sur de grandes marques, tandis que les consommateurs du quotidien vont vers des bouteilles qu'ils peuvent se payer : exemple, une bouteille de vin du Chili à 5 $, tout à fait buvable. Mais du vin français à 5 $, quelle que soit la qualité, on n'en trouve pas beaucoup...

Depuis quand la situation s'est-elle ainsi compliquée pour les vins français ?
Ce qu'il faut comprendre, c'est que lorsque le dollar était plus fort que l'euro, les producteurs français ont fait fortune parce que les bouteilles se vendaient comme des petits pains ! Mais depuis 2003, le manque de soutien de la France envers les Etats-Unis sur un plan politique au moment de la guerre en Irak – je ne partage pas ce sentiment, surtout qu'on les cherche encore, ces armes de destruction massive, mais c'est ce qui a été ressenti ici – la balance entre le dollar et l'euro qui s'est totalement inversée, et les producteurs de Californie qui ont commencé à présenter des vins de qualité à des prix très peu élevés... Tout cela a fait que le marché américain s'est tourné vers des vins domestiques, ou d'Amérique du Sud, voire d'Australie.

Où se placent les vins du Roussillon dans ce marché en évolution ?
Il y a dix ans encore, ces vins étaient un peu lourds. Mais aujourd'hui, cela n'a plus rien à voir ! Il y a eu beaucoup de travail effectué en matière de production, d'élaboration.

On voit bien qu'ici, les bars à vin se développent beaucoup...
Oh oui, énormément.

Il y a donc de nouvelles habitudes de consommation ?
Déjà, il n'y a pas d'habitudes de consommation aux Etats-Unis. Parce qu'en matière de connaissance du vin, il faut que l'on accepte que nous sommes encore en couches-culottes ! Ce pays a plus de 200 ans d'existence, mais pour la gastronomie ou la viticulture, nous sommes des enfants. Un seul exemple : en France, à 15 ou 16 ans, vous pouvez faire des études d'hôtellerie, et ensuite vous spécialiser en sommellerie. Aux Etats-Unis, c'est impossible avant d'avoir 21 ans, puisqu'on n'a pas le droit de boire de l'alcool avant ! Seule une petite partie de la population a une véritable connaissance, qui lui vient de son éducation : c'est une population aisée, qui voyage beaucoup... Pour les autres, il y a tout à faire.

Les vins du Roussillon peuvent-ils séduire les Américains ?
Ce que tout le monde adore dans les vins du Sud de la France, c'est qu'on peut tout avoir : du blanc sec, du moelleux, du rouge, du rosé, du pétillant, tout est possible dans le Roussillon ! Et surtout, ce sont des vins de terroir, qui expriment leur sol, leur caractère. Et les Américains sont friands de découvertes, de nouveaux horizons viticoles ! Alors, il faut les faire connaître. Et il n'y a pas de meilleure façon pour promouvoir ces vins que de faire venir les consommateurs dans le Roussillon, qui est un pays magnifique, dans lequel on mange bien, et surtout dans lequel on boit de très bons vins, aux prix fort faibles par rapport à leur qualité. L'opportunité pour le Roussillon est aujourd'hui énorme. Alors, venez !

 

Recueilli par Barbara Gorrand
Cordialement le Blad.

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