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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:46

Une histoire unique au monde, pour le meilleur vin du monde… Le célèbre domaine de la Romanée Conti, qui domine le village Vosne Romanée, entre Dijon et Nuits-Saint-Georges, a été la cible d’un chantage extravagant pour une extorsion de fond record.
Un million d’euros était en effet le prix à payer pour que la vigne produisant le vin plus prestigieux au monde ne soit pas empoisonnée. Sur cette côte viticole qui attend son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est presque avec le sourire qu’Aubert de Villaine, le patron emblématique et co-gérant de la société civile du domaine de la Romanée Conti, a d’abord reçu, une première lettre, annonçant quelque chose de grave pour le domaine.

Des menaces prises très au sérieux


C’était il y a plus de deux mois, alors que le printemps n’était pas encore arrivé. Quasiment avec celui-ci, une deuxième lettre arriva. De menace celle-ci. «Ses termes étaient assez simples, soit on versait une somme d’un million d’euros, ou alors les pieds de vigne seraient empoisonnés», indique Aubert de Villaine, ancien maire de Bouzeron, près de Chagny en Saône-et-Loire.
Une injonction prise très au sérieux. «J’ai tout de suite informé la police judiciaire des menaces et de tentative d’extorsion de fonds dont nous étions la cible». La lettre, expédiée de Paris, était d’autant plus crédible, que «comme la première, elle était bien écrite. Elle était surtout accompagnée d’un plan très précis des vignes de la Romanée Conti. Et encore pire, pour prouver qu’il agirait, il donnait l’emplacement précis de deux en précisant qu’il les avait empoisonnés».
Par précaution, l’un a été arraché à des fins d’analyses. L’autre a été laissé, «et aujourd’hui il est comme les autres. Il se porte bien», glisse Aubert de Villaine, avec le sourire.
Mais à l’époque, personne ne riait devant ce scénario digne d’un polar à présenter au Festival du film policier de Beaune.
Face aux exigences du maître chanteur, Aubert de Villaine adopta un profil bas. En accord avec la PJ de Dijon, il commença par répondre qu’il lui fallait avoir l’accord de l’assemblée générale des actionnaires de la société, pour réunir un million d’euros. «Je pense que cela a mis en confiance celui qui voulais nous soutirer la somme». Très vite, une nouvelle lettre indiqua que c’est dans cimetière de Chambolle Musigny, entre le célèbre Clos de Vougeot et Gevrey-Chambertin, que le pactole en forme de rançon devrait être déposé à un jour et à une heure précise.
Il ne restait plus qu’aux Policiers à attendre. Et le jour annoncé, c’était il y a trois semaines, un paquet contenant des billets factices pour un million d’euros, fut déposé dans le cimetière à l’endroit indiqué.

Un père accompagné de son fils


Ce n’est pas un homme seul qui se présenta dans le cimetière, mais ce sont deux hommes qui allèrent chercher le paquet. Un cimetière en forme de filet, puisqu’à la sortie de celui-ci, très vite, les deux hommes furent interpellés et conduits dans les locaux de la PJ à Dijon pour être interrogés. Il devait s’avérer qu’il s’agissait d’un père et de son fils. Si ce dernier n’était pas spécialement connu des services de Police, ce n’était pas le cas de son père au passé carcéral lourd, pour avoir trempé dans de multiples affaires.
Cet homme qui voulait gagner de l’argent sans travailler, a passé la fête du travail, le 1er mai, derrière les barreaux où il se trouve en attendant son procès qui interviendra dans les neuf à douze mois à venir.
Si cette menace d’empoisonner une vigne, à savoir celle produisant le vin le plus prestigieux du monde, est une première avec la tentative d’extorsion de fonds qui l’accompagnait, ce n’est cependant pas la première fois que des vignes sont prises pour cible. En Alsace, il y a quelques années, un viticulteur avait vu ses pieds de vigne coupés à la racine.

«Il s’agissait de ne pas risquer
une prise d’otage»


C’est sans doute aussi pour cela qu’Aubert de Villaine a près, dès le départ, l’affaire très au sérieux. «Il ne s’agissait pas de risquer une prise d’otages», dit-il. Se souvenant sans doute qu’à la fin des années soixante-dix, le Baron Empain avait été enlevé, alors qu’il symbolisait la bourgeoisie industrielle, puisqu’il était tout à la fois l’héritier le PDG du groupe Empain-Schneider.
Là, au cœur de cette côte viticole qui attend son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est le meilleur de la vigne qu’un homme seul a voulu empoisonner. Une vigne qui, sur une surface de 1,8 hectare donne le meilleur vin du monde, avec une production annuelle de 6000 bouteilles. Certaines, de très grandes années, peuvent dépasser les 20.000 euros l’unité dans des ventes aux enchères.
C’est dire combien le domaine avait été parfaitement ciblé par un homme sans aucun doute très ambitieux et à l’imagination débordante. Mais suffisamment naïf pour ne pas avoir imaginé, une seule seconde, qu’il mettrait lui même la tête dans la gueule du loup.

Alain BOLLERY

Source : http://www.creusot-infos.com/

 

Cordialement le Blad.

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