Partager l'article ! Au tribunal pour avoir agressé à Paris une Emiratie en burqa: "Je savais que j'allais craquer un jour. Cette histoire de burqa commençait à ...
"Je savais que j'allais craquer un jour. Cette histoire de burqa commençait à m'agacer." C'est ainsi que s'est justifiée devant la police une professeur d'anglais à la retraite qui a comparu jeudi après-midi (et non mardi comme indiqué par erreur dans un premier temps) en correctionnelle à Paris pour avoir agressé une femme voilée dans une boutique de la capitale. Les faits remontent à février 2010. Marlène, 63 ans, se promène alors dans un magasin de décoration. C'est alors qu'elle tombe nez à nez avec Shaika, 26 ans, de passage à Paris. Cette femme, originaire des Emirats arabes unis a le visage voilé d'un niqab qui ne laisse apparaître que ses yeux. Ce n'est pas la première fois que Marlène croise l'une de ces femmes entièrement voilées puisque la sexagénaire a longtemps travaillé dans les pays arabes, que ce soit au Maroc ou en Arabie saoudite.
Mais, explique-t-elle aux policiers dans un procès-verbal consulté par l'AFP, "ça a été un choc pour moi car dans le XVe, ce n'est pas encore arrivé." Après avoir constaté que la jeune
femme ne parlait pas français, la retraitée lui parle en anglais. "Je lui ai dit de baisser le voile qu'elle avait sur le visage, tout en le saisissant et le tirant vers le bas",
raconte-t-elle au commissariat. "Pour moi, explique-t-elle, le port du voile intégral est une agression, je me suis sentie agressée en tant que femme." L'affaire aurait pu s'arrêter là,
mais quelques minutes plus tard, Marlène croise une nouvelle fois l'Emiratie. Entre-temps, elle a remis son voile.
"On ne porte pas le niqab dans
mon pays"
La retraitée ne se se contrôle plus : "Cette histoire de niqab, on en parle tellement que j'ai du mal à le supporter. (...) Je me suis dirigée vers elle
et je lui ai arraché le niqab. Nous en sommes arrivées aux mains. J'étais énervée." Marlène gifle alors la jeune femme, la griffe et va jusqu'à lui
mordre la main. "Maintenant, je peux voir ton visage", aurait-elle déclaré selon la déposition de la victime. Il faudra l'intervention des vigiles pour séparer les deux femmes.
Alors que l'Emiratie indique au magasin qu'elle va porter plainte, un responsable retient la sexagénaire qui à son tour lui demande d'appeler la police : "Je voulais porter plainte aussi car
on ne porte pas le niqab dans mon pays." "Choquée psychologiquement", la victime, elle, ne veut plus revenir à Paris, selon ses avocats.
Son agression lui a valu deux jours d'incapacité totale de travail.
750 euros d'amende
Jeudi, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, le Parquet a requis une peine de deux mois de prison avec sursis et 750 euros d'amende à l'encontre de la professeur
d'anglais à la retraite. Les avocats de la victime ont demandé en outre au tribunal correctionnel de lui accorder 10.000 euros de dommages et intérêts. Le jugement a été mis en délibéré au 4
novembre. La prévenue, n'est pas venue à l'audience. Elle ne s'est pas non plus fait représenter par un avocat.
Le procès intervient deux jours après la parution au journal officiel de la loi qui interdit le port du voile islamique intégral - niqab ou burqa - dans tout l'espace public en France sous peine d'une contravention de 150 euros. Le procureur Anne de Fontette a souligné qu'à l'époque des faits, en février,
cette loi n'existait pas mais que ce comportement serait tout autant réprimé aujourd'hui. "Vivre ensemble, ça suppose l'acceptation, tout simplement, de l'autre, de la façon dont il est
vêtu," a-t-elle dit dans son réquisitoire.
Source : www.tf1.fr
Cordialement le Blad.
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