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Vendredi 9 janvier 2009

Le vin a coulé à flots ces derniers jours. De toutes les origines et de tous les millésimes. Mais qu'est-ce qui se cache derrière l'étiquette des prix ? In vino veritas, dit-on. Nous avons tenté de faire la lumière sur la chaîne de valeur d'une bouteille de vin. Des caves du château jusqu'à la table du consommateur.

  L'exercice est ardu vu la multitude de paramètre pouvant influer sur le prix : niveau de concurrence, circuit de distribution, quantités en jeu... Il a fallu faire des choix. Nous nous sommes aussi limités à analyser la bouteille à la sortie de l'exploitation. Remonter plus en amont nous aurait amener trop loin. Les structures de coût peuvent varier fortement d'un domaine à l'autre : selon que le vigneron ait sur les bras un prêt à rembourser pour l'acquisition de son terrain ou qu'il soit pleinement propriétaire. Selon aussi la région de production.  Les disparités de prix peuvent être énormes : un kilo de raisin dans la Mancha (Espagne) vaut 20 centimes. A Reims, au coeur de la Campagne, 7 euros.
    Seul poste à être plus ou moins fixe quelle que soit la région concernée : la matière sèche (bouteille, étiquette, bouchon, collerette, caisses...). On estime qu'elle revient à moins d'un euro la bouteille. Plus la production est importante, plus le vigneron pourra obtenir des rabais de la part des forunisseurs? En jouant sur la qualité des matériaux, il pourra faire passer ce prix en dessous de la barre des 50 centimes.
  Le premier poste au départ de l'exploitation est celui du transport. Son coût dépend bien sûr de la provenance du vin. Un loire coûte moins  cher à acheminer en Belgique. La distance ne veut néanmoins pas toujours tout dire. Le vin chilien qui arrive par container entiers dans les ports européens ne coûte pas beaucoup plus cher, à la bouteille qu'un flacon ramené de Bordeaux par camion. Les volumes sont tellement grands que cela compense la distance. Cet effet de taille est également valalble pour le transport par camions entier à un tazrif de 5 à 8 centimes la bouteille tandis qu'un petit caviste payera 30 centimes la bouteille pour sa palette. Certaines chaînes (Delhaize, Colruyt) font également des économies sur les frais de transport en acheminant le vin par citernes et en le mettant en bouteille en Belgique. Cela leur revient deux fois moins cher. Une fois la frontière traversée, l'importateur doit s'acquitter d'une série de taxes : accises (35 centimes la bouteille), écotaxes (7,387 centimes par bouteille non réutilisable). Il y a aussi le coût des formalités administratives et, pour les vins du nouveau monde, des droits de douane. Comptons 50 centimes pour le tout.
  Ensuite ? Tout va dépendre du circuit de distribution emprunté par la bouteill et du nombre d'intermédiaires. Le plus court chemin est celui emprunté par la grande distribution. Les chaîne de magasins achètent un maximum de vin  directmeent au producteur. Elles doivent néanmoins parfois recourir à des intermédiaires. Des agents ou négociants par exemple qui ont reçu une exclusivité de commercialisation de la part d'un vignoble. Ou des courtiers : des spécialistes qui jouent les entremetteurs entre producteurs et revendeurs.
  Quelle marge les grands distributeurs réalisent-ils sur le vin ? Elle varie en fonction de la présence ou non d'intermédiaire mais aussi et surtout de l'état de la concurrence. Cetains petits bordeaux par exemple - ou des grandes marques de champagne en fin d'anné - seront vendus avec quelques pour cent de marge voire sans la moindre marge, car on les retrouve partout. Ils sont considérés par les enseignes comme des produits d'appel sur lesquels il faut se battre. D'autres bouteilles seront vendues avec des marges dépassant les 20 % parce qu'elles sont propres à une enseigne, difficilement comparables. En moyenne, pour  les vins "peu exposés", une marge fluctuant autour de 20 % semble assez répandue en grande distribution. Ce à quoi il faut encore ajouter les 21 % de TVA pour avoir le prix du magasin.

   Pour des raisosns évidentes de taille et de moyens, les petits détaillants s'approvisonnent moins régulièrement en direct auprès des producteurs. Ils ont recours aux services de grosistes-importateur qui prennent entre 20 et 30 % de marge. Ces cavistes prendront à leur tour 30 % de marge.

   C'est aussi à ces mêmes grossistes que s'adressent la plupart des restaurateurs - même su certains n'hésitent pas à  importer eux-mêmes du vin ou à l'acheter en grande surface. Quelle marge prennent-ils ? Là aussi, on retrouve tous les cas de figure. Une constante cependant. Plus le vin est bon marché, plus le pourcentage de marge sera important. Exemple : le pichet de rouge du patron de la pizzeria du coin. On pourra le payer jusuq'à 15 euros le litre alors qu'il à coûté 1 euro à l'achat : "fois 15"  ! A l'autre extrêmité un bordeaux grand cru acheté 100 euros dans le commerce sera affiché 200 euros sur la carte d'un restaurant. L'exploitant se contentant là d'un "fois deux". Pour des vins de milieu de gamme, "l'usage" est de multip^lier le prix (TVA COMPRISE° par trois. Mais il ne s'agit pas d'une règle absolue. Chacun fixe ses prix comme bon lui semble. Et certains restaurateurs connaissent très bien leurs tables de multiplication.


Source : Le Soir, article de Jean-François Munster.

Cordialement le Blad.

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