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Jeudi 8 janvier 2009

Le très sérieux Institut de recherches économiques et sociales de l'Université de Louvain (Ires) s'est penché récemment sur sujet un peu moins ardu que d'habitude : le prix des grands vins.
Deux chercheurs, Vincent Scourneau et Daniel Weiserbs ont analysé les différences de prix observées entre 215 vins de Bordeaux millésimés de 1997 à 2001 et côtés dans le guide Parker. Leur conclusion ? Le marché donne un poids considérable, dans la fixation du prix, au nom du vin, à sa commune d'origine et au titre qui lui a conféré le classement officiel du Haut Médoc de 1855. Par  contre, l'effet de l'avios des experts sur la qualité du vin est très faible. Bref, le consommateur se laisse (trop) vite guidér par les étiquettes et les noms ronflants.


Réputation du terroir.

 

Le facteur qualité joue tout de même. Les chercheurs constatent qu'un point supplémentaire dans la cotation de Parker accroît le prix d'un vin de 4,5 %. Mais elle est insuffisante pour expliquer les différences de prix observées. Sa contribution apparaît même marginale par rapport au facteur réputation. Réputation du producteur et réputation du  terroir. Parker classe les producteurs en six catégoties selon leurs performences passées. Les chercheurs de l'Ires constatent qu'un producteur qui est rétrogradé de la première à la deuxième catégorie voit le prix de sa bouteille diminuer en moyenne de 60 %. Mais, plus que la réputation individuelle, c'est la réputation collective, celle du terroir, joue. Le classement officiel du Haut-Médoc, établi en 1855 (avec des révisons mineures en 1856 et 1973) continue à jouer un rôle considérable malgré son caractère jugé obsolète.

C'est partriculièrement vrai pour la mention de premier grand cru classé qui donne au vin une prime importante. L'Ires prend l'exemple théorique de deux vins identiques en tous points (cote, réputation, millésime, production...) mais dont l'un bénéficie de l'appellation "Margaux premier grand cru cla ssé Haut-Médoc" et l'autre simplement "de Haut-Medoc". Selon  le modèle mathématique développé, le prix du premiEr sera un peu plus du double du second. L'effet de classement est similaire pour les autres crus classés : du 2e au 5e rang. Une remarque cependant : les Saint-Estèphe sont, à caractérisitiques égales, nettement moins chers que les Margaux et les Saints-Emilion. Pour ces chercheurs, le classementn de 1855, bien que jugé obsolète par de nombreux connaisseurs, a créé une véritable aristocratie des vins du Haut-Médoc, qui procure aux propriétaires une rente, à condition qu'ils maintiennent leur réputation de qualité.

Source : Le Soir, article de Jean-François Munster.

Cordialement le Blad.

Par Blad - Publié dans : www.polit-buro - Communauté : chime-team
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