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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 04:30

Il est des domaines que l’on a la chance de suivre depuis le tout début, et je peux dire sans peine que j’ai cette chance avec Nicolas Faure, propriétaire du petit domaine éponyme se trouvant dans la localité de Meuilley, dans les Hautes-Côtes au dessus de Nuits-Saint-Georges.

C’est un peu par hasard que j’ai puRENCONTRER l’éminement sympathique alors néo-vigneron Nicolas : Un jour alors que je fréquentais le célèbre Caveau de Puligny-Montrachet, Nicolas se trouvait également sur place, et après avoir goûté quelques canons bourguignons, nous avons ouvert ensemble une bouteille de sa première production : un Nuits-Saint-Georges « Les Herbues » 2011 de chez lui. Je me souviens encore de ce vin, assez léger pour un très jeune Nuits mais avec un fruité expressif et franc et une très belle buvabilité. J’étais conquis.

J’ai donc pu suivre un peu le domaine en visitant de temps en temps lesINSTALLATIONS de Nicolas, qui après des premières vendanges dans des conditions dantesques (dans une grange) et de très petits moyens commence aujourd’hui a avoir des installations dignes de ce nom et du travail minutieux qu’il veut prodiguer à ses vins.

Nicolas Faure : Le Terroir et la Terre

Lorsque vous parlez avec Nicolas, il est impossible de ne pas remarquer le véritable amour qu’il porte à l’art viticole, là où certains vignerons aujourd’hui reconnus délèguent cette tâche à des ouvriers et se concentrent sur le travail en cave. Lui aime la terre, il aime comprendreCOMMENT FONCTIONNE chacun de ses terroirs et les travailler pour en tirer la quintessence.

Nicolas Faure dans ses nouvelles vignes d’Aligoté – crédit photo Paul Wasserman

Bien sûr, aimer sa terre ne rend pas le vigneron gaga et il connaît la limite de ses parcelles : il ne cherche pas à faire produire des vins que le sol et le matériel végétal ne permettent pas. Mais le travail qu’il fournit porte ses fruits : par exemple après 4ans, une flore diversifiée s’est développée sur sa parcelle de Nuits, signe que la terre se porte bien mieux maintenant qu’avant, avec pour conséquence une meilleure respiration du sol et une meilleure interaction de la vigne et du sous-sol… donc des vins plus profonds.

Des Vignes taille Grand Cru

Le bon vin est l’expression du terroir, tout le monde le sait. Mais le terroir est transmis via un élément qu’il ne faut pas négliger : la vigne. Pour Nicolas, ce point est d’une importance extrême. On pourrait se dire qu’un plant de Chardonnay ne ressemble à rien d’autre qu’un autre plant de Chardonnay mais il n’en est rien. Il existe une multitude de variétés pour chaque cépage, avec également des porte-greffes différents. Par exemple Nicolas vient d’acquérir 6 ouvrées en Hautes Côtes juste à côté de vignes de Pernand-Vergelesses, et s’il a gardé 3 ouvrées d’Aligotés dorés centenaires (le meilleur aligoté, qui donne de très beaux vins), il replante les 3 autres de Chardonnay, en choisissant des plants fins dignes des Grands Crus (avec les rendements qui vont avec malheureusement…). Le choix des plants est ici fait par une méthode un peu hybride mais qui fait ses preuves, que j’appelle de la clonomassale et qui consiste à choisir un nombre de clônes suffisants dans la parcelle et de les multiplier, ce qui permet une belle variété dans les parcelles.

Aligoté centenaire de Nicolas Faure – crédit photo Paul Wasserman

L’amour de la vigne, c’est aussi ne pas s’arrêter sur la renommée du cépage. Le Gamay qui aujourd’hui est très décrié en Bourgogne est ici vu comme le très beau cépage qu’il est et si la vigne (datant de 1973) a été reprise dernièrement, nul doute qu’avec les années la cuvée va s’affiner et donner de vins plus profonds. Il faut dire que si la terre est de bas de coteaux et riche, elle est aussi assez caillouteuse et bien drainée ce qui pourra donner des choses plus sympathiques avec le temps, surtout qu’après un essai de taille en baguette, Nicolas est revenua une taille plus courte de cette vigne très productive.

Dernier exemple, et petit clin d’oeil a une région qu’il adore, le vigneron est entrain de déboiser une parcelle de Nuits à l’abandon depuis plus de 150ans, avec des pentes assez vertigineuses (jusqu’à 40% de pente!), et compte bien la mener en gobelet, comme il en trouve en Côte-Rotie, ce qui en plus lui permettra de travailler sans mécanisation avec plus de facilité. Je me réjouis déjà de goûter ce que pourront donner ces futures vignes.

Les Vins, les millésimes

Tous les vins de chez Nicolas sont travaillés avec de petits rendements et sont vinifiés en vendanges entières, qui donnent des vins qui parlent beaucoup plus à son géniteur. Je dois avouer personnellement que je suis aussi quelqu’un qui aime beaucoup le supplément de classe que peuvent donner les vendanges entières, comme pour les vins de chez Confuron-Cotetidot par exemple.

Nuits-Saint-Georges Les Herbues 2013 – Nicolas Faure

Le premier millésime de Nicolas Faure date donc de 2011, mais c’est à partir de l’année 2014 que son talent peut totalement s’exprimer. De fait en 2011 il récupère les vignes le 1er avril et doit vinifier dans uneGRANGE, en 2012 il vinifie hors de chez lui et n’a pas les clefs de la cuverie, en 2013 il vient de couler sa dalle et n’a pas de matériel adéquat pour la thermorégulation. Enfin en 2014 il peut prendre le temps de travailler au mieux en cave et de passer une sorte de deuxième naissance pour le domaine, avec des vins qui vont passer un cap sans aucun doute.

Pressoir – Nicolas Faure

J’ai pu récupérer mes Nuits-Saint-Georges 2013, goutés dans la foulée, et surtout gouter les 2014 sur fûts, voici un aperçu des futurs crus :

  • Gamay 2014 : vin assez gourmand, avec un fruit déjà beaucoup présent, déjà très agréable en mars 2015. Nicolas Faure l’a vinifié comme il le veut : sans fût neuf, sur le fruit, sans chercher trop le fond que le vin n’a pas.
  • Bourgogne 2014 : 2 fûts goutés qui avaient des profils assez opposés (maliques non finies). Dans un fût plus ancien le vin montrait beaucoup de finesse avec des tannins encore un peu durs. L’arômatique pinote très bien sur un la cerise fraîche, et finit fin. Sur le fût d’un vin, le tanin est poli par le bois mais le vin semble un peu « facile » sur l’élevage, plus facile à boire mais avec un peu moins d’intérêt. Je me réjouis de voir ce que l’assemblage donnera.
  • Nuits-Saint-Georges « Les Herbues » 2014 : On sent le pas supplémentaire par rapport à 2013. Le vin garde le côté juteux de millésimes antérieurs, mais avec plus de fond. Toujours en élevage donc pas encore avec toute la définition fruitée, j’ai beaucoup aimé la structure en bouche, qui donne une impression de « plus de vin ». Chance, le fût qui était plus réduit se comportait néanmoins excellemment bien en bouche, signe qui ne trompe pas.

Nuits en fût

  • Aligoté 2014 : Attention très beau vin en devenir : même si nous n’étions qu’en Mars au moment de la dégustation, l’impression d’avoir un vin plein, équilibré, long et aromatique était déjà présente. J’ai rapidement pensé à l’aligoté 2005 du domaine Buisson-Charles qui restait un de me plus beaux exemples de ce cépages. Pas de doutes ce sera un vin à tenir à l’oeil!
  • Nuits-Saint-Georges « les Herbues » 2013 : Vin frais, fruité, légèrement poivré avec beau touché de bouche. La longueur n’est pas énorme mais le vin est fin et assez aérien.

Et donc…

En conclusion, j’aimerais remettre l’accent sur la définition de professionnalisme que Nicolas applique jour après jour, ou plutôt après-journée par après-journée à son domaine, montrant qu’être pro est avant tout une attitude et non un salaire à la fin du mois (même si ça aide). Ses vins ont encore la fraîcheur de la jeunesse, de la découverte, et bien sûr ils ont encore des défauts, doivent certainement s’améliorer mais la qualité est déjà tellement évidente qu’on ne peut que souhaiter le meilleur et une longue carrière à Nicolas, pour son bonheur (et le mien).

Source : http://www.leverrelassiette.be/

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Published by Blad
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