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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 08:11

Dimanche, en fin d’après-midi, nous n’étions pas rue de la Roquette à Paris, au moment où des pro-Israéliens et des pro-Palestiniens ont essayé d’en découdre en marge de la manifestation de soutien à Gaza – 7 000 personnes s’étaient réunies selon la police, plus de 30 000 POUR LES organisateurs.

Insultes antisémites et anti-Arabes, échauffourées aux abords d’une synagogue, jeunes de banlieue, CRS et LIGUE de défense juive (organisation classée terroriste en Israël et aux Etats-Unis, mais pas en France) : après cette manif, tout était réuni pour fantasmer.

Dimanche soir, nous avons dû nous contenter des rares faits vérifiables à ce moment-là pour rendre compte des incidents. Nous avons travaillé comme d’habitude : chaque fois qu’il y avait du NOUVEAU, nous avons mis à jour en apportant des précisions. Certains lecteurs, emportés par l’émotion, se sont laissé aller à des réactions virulentes et des accusations – injustes – de parti pris à notre endroit.

Si tu ne dis pas de mal de lui, c’est donc que tu es contre moi

Depuis, comme beaucoup de confrères, nous avons cherché à savoir ce qui s’est réellement PASSÉ.

Les deux parties s’accusent mutuellement :

  • pour les pro-Israéliens, les incidents de la rue de la Roquette sont la preuve des relents antisémites de la manifestation, au cours de laquelle des « morts aux juifs » auraient été proférés par certains dans la foule ;
  • pour les pro-Palestiniens, il s’agit d’un guet-apens. La Ligue de défense juive aurait tout FAIT pour provoquer un affrontement devant la synagogue et le monter en épingle.

En enquêtant un peu ici et là, on se heurte au mieux à beaucoup de passion, au pire à de l’hostilité. C’est toujours la même devise :

« Ce n’est pas moi, c’est lui qui a commencé et si toi, journaliste, tu ne dis pas du mal de lui, c’est que tu es contre moi. »

Quand on se lance dans la reconstitution, ça donne donc de beaux moments de casse-tête.

1

« Pas un mot lu, vu, entendu contre les juifs »

Les faits

Selon les témoins interrogés et les précisions de la police, la manifestation pro-Gaza s’est dans l’ensemble bien passée.

Les premiers incidents, qui sont le fait d’une minorité, ont eu lieu vers 18 heures. D’abord, il y a eu un mouvement de foule près d’une synagogue rue des Tournelles. Les gendarmes étaient là et sont parvenus à contenir les plus excités.

Quelques minutes plus tard, des échauffourées ont éclaté rue de la Roquette (XIe arrondissement), où se tenait un rassemblent de soutien à Israël.

Prudence sur les vidéos courtes

Environ une centaine de jeunes pro-Palestiniens versus des dizaines de jeunes pro-Israéliens se retrouvent devant la synagogue Don Isaac Abravanel. Là-bas, la police a rencontré beaucoup plus de difficultés, mais a quand même réussi à éviter la baston générale.

Les responsables de la synagogue sont formels : les gens étaient là pour prier pour la paix et se sont retrouvés pris en otage. Une première vidéo, qui serait « la preuve » de la culpabilité des pro-Palestiniens, circule.

Mais comme toujours avec ce genre de séquences très courtes, il faut être extrêmement prudent, notamment parce qu’il est impossible de savoir ce qui se passe avant (le constat vaut aussi pour les vidéos qui arrivent plus tard dans l’article).

Michèle Sibony, de l’Union juive française pour la paix (une organisation d’extrême gauche antisioniste), ÉCRIT un long témoignage sur le site de son ASSOCIATION. L’extrait qui le résume :

« Pas un mot vu, lu, entendu contre les juifs, pas une affiche, pas un SLOGAN, rien. »

Dans un billet publié CHEZ nos confrères du Plus, elle ajoute :

« Les jeunes manifestants sont tombés dans le piège, [ce] qui a permis de ne pas parler de Gaza et de transformer la grave question des crimes commis en ce MOMENT [là-bas] en une opération antisémite [à Paris]. »

2

« Il veut tuer des juifs ? »

Témoignages

Hicham (le prénom a été changé), 24 ans, est le premier témoin avec lequel j’ai échangé :

« On ne peut pas contrôler tout le monde. Si quelques cinglés enragés sont effectivement VENUS se castagner – en dépit de la vigilance et des recommandations du service d’ordre–, ça ne reflète pas l’écrasante majorité. Et puis, quand est-ce qu’on parle de la responsabilité et l’impunité de la Ligue de défense juive ?

Maintenant, ce que je regrette un peu, c’est les slogans en arabe et les drapeaux du Maghreb, qui ne servent à rien : s’il n’y a rien de mal à cela, ça peut porter à confusion chez CERTAINS de nos concitoyens.

Et puis un lieu de culte n’a pas à faire de POLITIQUE. A partir du moment où un rassemblement a été organisé devant une synagogue, ses organisateurs ont pris un risque. C’est inconscient. J’aurais dit la même chose si un rassemblement pour Gaza partait d’une mosquée. »

Jean-Yves Camus, politologue et ancien blogueur à Rue89, était présent rue de la Roquette à partir de 17h15. Plus tôt dans l’après-midi, il avait fait un bout de chemin avec les manifestants pro-Gaza « par curiosité ». Il n’a pas entendu de propos antisémites. Néanmoins, il conteste la version SELON laquelle la LDJ serait à l’origine des affrontements :

« Je ne dis pas qu’au préalable, il n’y a pas eu de provocations [de la part de la LDJ] sur les réseaux sociaux. Mais de ce que j’ai pu voir, la centaine de manifestatants [pro-Palestiniens] savait précisemment où elle allait quand elle se dirigeait VERS la synagogue. »

Il est resté bloqué DANS la synagogue près de deux heures et demie. « C’est grâce au cordon de CRS que les vagues n’ont pas pu arriver jusqu’au lieu de culte. » Il insiste :

« Cela ne veut pas dire que ces personnes-là sont représentatives de la manifestation. Dans ces rassemblements, il y a toujours des gens qui sont là pour faire n’importe quoi. »

« Je ne reconnais pas ma haine ! »

Le collectif Haverim, qui a appelé au rassemblement devant la synagogue Don Isaac Abravanel, publie sur son site le témoignage de l’une de ses responsables présente dimanche après-midi. Extrait (non édité) :

« Je me vois déjà sauter à la gorge de celui qui a le keffieh et qui crie “à mort les youpins !” Il veut tuer des juifs ? ? ? ! ! ! J’ai envie de le laisser pour mort ! Je ne reconnais pas ma HAINE ! [...]

J’entends des cris de l’autre côté de la rue de la Roquette ! Mais ils sont combien ? Là je réalise l’ampleur de la situation… Ils nous ont cerné… On entend des cris de partout… Je vois des engins incendiaires voler… J’en aperçois même un avec une HACHE. »

3

« Allez mes tarlouzes de pro-Palos ! Venez ! »

Les réseaux sociaux

Donc, les pro-Palestiniens soutiennent que les incidents rue de la Roquette relèvent d’un piège tendu par des extrémistes pro-Israéliens. Joint par téléphone, un proche des organisateurs de la manifestation explique :

« Quelques très jeunes personnes ont vu des messages passer sur Twitter appelant à la confrontation devant la synagogue. Ils sont partis en découdre, c’était presque inévitable. Les provocations de la LDJ sont incessantes, il n’y a qu’à aller sur les réseaux sociaux. »

Beaucoup de messages y ONT ÉTÉ supprimés. Mais les captures d’écran restent.

Capture d’écran (@droiteliberale9/TWITTER)

CAPTURE d’écran (« Palos » signifie « Palestiniens ») (@israel_mon_pays/Twitter)

CAPTURE d’écran (@israel_mon_pays/Twitter, compte effacé)

Quelques jours plus tôt, la Ligue de défense juive, qui prône ouvertement la VIOLENCE – et qui est très décriée au sein même de la communauté israélite – avait prévenu.

Capture d’écran (PAGE Facebook de la LDJ)

4

« On va leur trancher la gorge »

Dieu bénisse LES PORTABLES

La bataille des IMAGES a commencé lundi. Les pro-Palestiniens balancent une séquence dans laquelle on voit des pro-Israéliens – vraisemblablement de la Ligue de défense juive – bien armés et très excités.

« Palestine, on t’encule », hurlent-ils, bâtons, CHAISES et autres objets contondants à la main (séquence gag : à 3’18’’, vous pouvez apprécier la chute d’un jeune homme sur la poubelle).

Question : pourquoi les CRS, présents sur les lieux, ne sont pas intervenus avant pour CALMER les esprits ?

Vendredi dernier, un cocktail Molotov a été balancé sur une synagogue d’Aulnay-sous-Bois Seine-Saint-Denis). Ce week-end, un rassemblement de pro-Palestiniens a eu lieu devant la synagogue d’Asnières (Hauts-de-Seine). ALORS QUE ça cause « sionistes » et « la LDJ » postés près du lieu de culte, un type se lâche dans la vidéo ci-dessous :

« On va leur trancher la GORGE. »

Sinon, je réussis à dégoter le contact d’un barman qui dit avoir été présent rue de la Roquette entre 18 heures et 19 heures. « Des personnes arboraient des répliques de roquettes » Il dit avoir des PHOTOS et des vidéos. Le rendez-vous est fixé mardi à 14 heures, à Bastille. Il me pose un lapin.

5

« Après, il ne faudra pas s’étonner des conséquences »

En ATTENDANT samedi

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), AINSI que des membres de l’UMP, demandent l’interdiction des manifestations pro-Gaza. A Paris, la prochaine est prévue samedi prochain ; la préfecture veut l’interdire.

Le proche des organisateurs de la manif de dimanche (cité plus haut) s’inquiète :

« Comment est-ce concevable, en France, d’interdire à des gens de manifester leur désaccord ? Imaginez le sentiment de frustration que cela occasionnerait, en PARTICULIER chez les jeunes. Après, il ne faudra pas s’étonner si cela a des conséquences graves. »

Pour apaiser les tensions, on ne peut PAS compter sur certaines personnalités de droite. Thierry Mariani, député UMP (qui empiète ENCOREsur les plates-bandes de l’extrême droite et à qui il faut réexpliquer certains fondamentaux) dérape et en plus, s’énerve :

« On a de plus en plus de problèmes avec une communauté qui est ISSUEd’une religion qui, par moments, pose des problèmes d’intégration. A partir de là, je n’ai pas de solution. »

Avec tout ça, on en oublierait presque que nous sommes en France et que le conflit israélo-palestinien a lieu au Proche-Orient. DERNIER bilan de l’offensive : 202 Palestiniens et un Israélien tué.

Source : Ramses Kefi

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Published by Blad
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