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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 08:19

L'Icann, l'organisation américaine qui coordonne la gestion des noms de domaine, met en vente l'adresse «.vin» au plus offrant. Les sociétés intéressées ne comptent pas faire respecter les indications géographiques protégées.

La France exige la suspension de l'attribution des nouvelles extensions Internet en «.vin» et en «.wine». Lundi, la secrétaire d'État chargée du Numérique, Axelle Lemaire, a menacé de quitter le Comité consultatif gouvernemental de l'Icann (leGAC), si le lancement de ces extensions n'était pas stoppé. Le GAC est un organe consultatif de l'Icann, la société qui coordonne les noms de domaine sur Internet dans le monde, au sein duquel siègent les gouvernements.

Dans le cadre de l'ouverture de nouvelles extensions telles que «.paris» ou «.ong», le président de l'Icann avait annoncé que les suffixes «.vin» et «.wine» seraient mis en vente au plus offrant. Trois sociétés se sont positionnées sur le «.wine»: une située à Gibraltar, une autre en Irlande, Afilias, et une troisième américaine, Donuts, partie grande gagnante. Cette dernière est également candidate pour le suffixe «.vin». Problème, ces entreprises n'entendent pas faire respecter les indications géographiques protégées. N'importe qui pourra donc acheter des adresses «www.bordeaux.vin» ou «www.champagne.vin».

Cette position a déclenché la colère des grands pays producteurs de vin, et en premier lieu de la France. Ils y voient la main-mise des États-Unis, qui supervisent les décisions de l'Icann et ne souhaitent pas reconnaître les indications géographiques protégées. «Il ne revient pas à l'Icann, une instance technique, de trancher une décision aussi lourde et quasiment historique entre les États-Unis et l'Union européenne. Suspendons cette délégation du .vin tant que cette question globale (des indications géographiques) n'est pas tranchée là où elle devrait l'être, dans une instance compétente», a expliqué Axelle Lemaire lundi à Londres, lors de la réunion Icann 50.

Un accord avec les États-Unis espéré

«Le discours d'Axelle Lemaire a été considéré comme un pavé dans la marre», commente au FigaroPascal Bobillier-Monnot, président de la Confédération nationale des producteurs de vins (Cnaoc). «Il a été appuyé par l'Italie, l'Espagne, le Portugal et la Commission européenne», précise-t-il. Les producteurs Français redoutent la contrefaçon. «La production AOC représente 45% de la production en France, pour 500.000 emplois à travers 87.000 exploitations» , ajoute la Cnaoc. Les consommateurs pourraient aussi être touchés, s'ils se laissent abuser par des noms de domaines qui ne vendraient pas les produits correspondants.

Qualifiant la décision de «racket mondial organisé», les producteurs attendent deux choses. «D'abord la suspension de l'attribution de ces nouveaux noms de domaine en attendant un accord international, notamment avec les États-Unis. Ensuite, que les candidats à l'achat de ces suffixes acceptent de protéger les noms d'appellation protégée comme le champagne», explique Pascal Bobillier-Monnot.

Une étape symbolique arrive bientôt, puisque le GAC publiera jeudi le communiqué final annonçant ou non la supsension des attributions. Le comité n'ayant qu'un statut consultatif, cette annonce n'aura toutefois pas le pouvoir de changer à elle seule la position de l'Icann. «La diplomatie française s'active, et nous espérons qu'elle réussira à convaincre l'Icann et les États-Unis d'ici la fin de la réunion à Londres et la publication du communiqué final», explique le directeur de la Cnaoc.

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Published by Blad
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