MARNE. Greenpeace et les Vignerons indépendants défendent les terroirs
À quelques jours du sommet de Copenhague, parce que les enjeux dépassent les clivages habituels, au nom de la préservation des terroirs et des vins uniques au monde, Michel Issaly, président des
Vignerons indépendants de France, et Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, appellent les politiques à prendre des engagements réels pour lutter contre les changements
climatiques.
À court terme, ce dérèglement du climat montre déjà ses effets négatifs même si des effets positifs temporaires peuvent se révéler sur certains vignobles (hausse des rendements, baisse de la
fréquence des traitements…).
À plus long terme, en France, si ces changements climatiques s'aggravent, les spécificités actuelles des terroirs viticoles vont être irrémédiablement modifiées et engendrer une perte des
spécificités des vins français, uniques au monde. Selon une étude menée conjointement par les Vignerons indépendants et Greenpeace, « le dérèglement du climat entraîne une précocité des dates de
vendanges visible pour l'ensemble des cépages cultivés en Bourgogne. La comparaison effectuée sur les deux périodes 1973-1987 et 1988-2006 montre que l'avancée des dates des stades phénologiques
entraîne une nette avancée des dates de vendanges : treize jours à Beaune (27 septembre au 14 septembre),
douze jours à La Rochepot (6 octobre au 24 septembre ».
Excès et défauts des vins
Autre point développé : « Le dérèglement du climat perturbe la singularité du vin. Il peut entraîner un excès de sucre et un défaut d'acidité sur le vin. Le goût de certains vins rouges (pinot
noir) de la Côte de Beaune se rapproche parfois de celui des vins des Côtes du Rhône. » Ainsi, le dérèglement du climat modifie la répartition géographique des vins. Les conditions climatiques
actuelles de la Bourgogne, qui donnent au vin de la région sa spécificité, auront partiellement ou totalement disparu puisque cette région sera confrontée à un climat plus « méditerranéen ».
Aucune autre région française ne sera à même de produire des vins semblables, puisque la spécificité des vins bourguignons s'est construite sur un terroir particulier. De plus, la récurrence des
canicules, comme celle de 2003, pourrait provoquer une chute inquiétante des rendements. En Bourgogne, la canicule de 2003 s'est traduite par une chute de la production totale de 30 % par rapport
à 2002. Pour la communauté scientifique, cette situation est inquiétante : le cas de l'année 2003 pourrait être un exemple d'une année normale à la fin du
siècle.
cahiereco
viticulture
Source : site de l'Union
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Eliane Bauduin.
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